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Une étude estime que l’intervention de l’Etat pour contrer le commerce parallèle à l’essence, au gasoil et au pétrole semble non efficace

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« Détermination de la part de l’activité informelle dans la commercialisation des produits pétroliers en RDC: cas de la ville de Kinshasa » est une étude produite en 2017  par Yakubu Jean-Pierre de la Faculté de Pétrole, gaz et énergies nouvelles, du département de gestion et économie pétrolière de l’Université de Kinshasa. L’objectif principal de cette étude est d’amener la RDC en général et Kinshasa en particulier à une très bonne canalisation des recettes issues du secteur pétrolier étant donné qu’une partie importante échappe au trésor public par l’activité informelle dans la commercialisation de produits pétroliers. Le Papyrus vous propose la conclusion générale de cette étude :

 

CONCLUSION GENERALE

Notre travail était basé sur la part de l’activité informelle dans la commercialisation des produits pétroliers en RDC, « cas de la ville de Kinshasa ».

Dans ce mémoire, nous avons donné l’aperçu sur l’activité informelle dans la commercialisation des produits pétroliers à la RDC en général et dans la ville de Kinshasa en particulier, et nous avons constaté l’émergence de cette activité dans la commercialisation des produits pétroliers. La décision gouvernementale de la supprimer a la particularité de générer simultanément de l’inflation et du chômage.

Selon la théorie keynésienne, la variable fondamentale qui dynamise l’activité économique est la demande agrégée ; or la demande agrégée = consommation des ménages + investissement + dépenses des administrations publiques + solde commercial.

Donc cette formule offre aux décideurs les outils de lutter contre deux problèmes fondamentaux de toute économie : le chômage et l’inflation. Le chômage est généré selon les keynésiennes par un déficit de la demande agrégée. Pour l’augmenter, il convient de stimuler les composantes (consommation des ménages, investissement, dépenses des administrations publiques et solde commercial) vers la hausse. L’inflation par contre est due à un excès de la demande, donc les mesures à prendre pour la combattre sont exactement aux antipodes de ce que nécessite le chômage.

La lutte de la vente parallèle des produits pétroliers semble se fonder sur des considérations morales éthiques que sur celles socio-économiques. La théorie keynésienne préconise l’intervention de l’Etat dans la vie économique.

Pour arriver à la détermination de la part de l’activité informelle, nous avons fait :

– La somme totale des entrées en produits pétroliers formels pendant 4 ans : 4001104,7600 m³ équivalent à la somme en pourcentage de 229% / 400 * 100 = 57,25% qui détermine la part de l’activité formelle dans la commercialisation des produits pétroliers ;

– La somme totale des entrées en produits pétroliers informels pendant 4 ans : 756760 m³ équivalent à la somme en pourcentage de 171 400 * 100 42 75 qui détermine la part de l’activité informelle dans la commercialisation des produits pétroliers. Cette part d’informelle correspond à la recette totale de 150 331 840 000FC qui échappe au trésor public.

Au regard des résultats obtenus, l’intervention de l’Etat pour contrer le commerce parallèle à l’essence, du gasoil et du pétrole semble non efficace ; car, la réussite de cette intervention engendre l’inflation, le chômage, une augmentation de la pauvreté et l’inégalité.

Les ménages pauvres sont plus vulnérables que les non pauvres à cette inflation ; leurs revenus souvent en termes nominaux permettent difficilement des stratégies d’adaptation, ils disposent de peu de moyens de se soustraire à l’impact de l’inflation.

Nous avons suggéré que l’Etat procède par l’identification et les contrôles permanentes de tous les acteurs informels (des grossisses, des semi grossisses, les détaillants et les semi détaillants) avec les concours du SEP Congo, pour une bonne canalisation des recettes fiscales à la commercialisation des produits pétroliers.

Nous devons ajouter que la suppression de la commercialisation informelle des produits pétroliers a d’autres avantages ; elle permet de limiter les accidents liés aux incendies dans la ville de Kinshasa causés par les dépôts de stockage non protégés. Elle a des avantages sur le plan sanitaire en préservant la santé des acteurs surtout celle des enfants, elle ralentit une forme de déscolarisation et d’exode.

Elle a des avantages environnementaux ; parallèlement, la reconversion des anciens acteurs informels à la commercialisation des produits pétroliers à Kinshasa constitue un grand défi pour les autorités compétentes.

Nous n’estimons pas avoir épuisé ce thème, étant donné que celui-ci est une question d’actualité et d’intérêt de tous. Nous avons au moins tracé une piste pour les recherches ultérieures qui peuvent être orientées par exemple vers le développement de l’économie informelle des produits pétroliers, son apport et ses conséquences sur l’économie formelle dans la ville province de Kinshasa.

Cela étant, vos remarques et suggestions nous seront les bienvenues et d’importance capitale pour l’amélioration de notre étude dans les jours à venir.

LP

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