LEPAPYRUS.CD

Site d'information sur la science

Un type d’arbres est menacé de disparition suite à la cueillette irrationnelle des chenilles

3 min read

« Impacts environnementaux des modes de cueillette de chenilles Cirina forda (Westwood) sur l’espèce Erythrophleum africanum dans la chefferie Pelende-nord en R.D. Congo », est le sujet d’une étude menée par le chercheur Lunga Z. Rigobert.

A travers cette étude, il s’est proposé d’améliorer les connaissances des modes de cueillette des chenilles Cirina forda à partir des indications fournies par les

populations locales. Il a cherché à analyser les modes de cueillette des chenilles Cirina forda, à mesurer les impacts de l’exploitation d’Erythrophleum africanum sur l’environnement, à décrire et identifier le profil des cueilleurs des chenilles Cirina forda, et à stigmatiser les menaces qui pèsent sur E. africanum dans la chefferie et de proposer sa gestion durable.

A l’issue de cette étude, il a été démontré que l’espèce Erythrophleum africanum est menacée suite à la cueillette irrationnelle des chenilles Cirina forda. Ce qui a conduit le chercheur à suggérer que l’obtention des chenilles ne se fasse que par ramassage par terre ou sur les arbres et aussi l’introduction d’une agroforesterie qui inclurait principalement le E. Africanum.

Les résultats de ses enquêtes ont aussi montré que l’élagage brutal des branches est pratiqué par 50% d’enquêtés alors que 37% des cueilleurs abattent les arbres hôtes à chenilles ; cette activité est l’œuvre des hommes célibataires, représentant environ 80% d’enquêtés, ayant un niveau d’instruction varié. En outre, cette activité constitue une source de revenu pour plus de 90% de la population enquêtée.

Bien que les revenus issus de cette activité contribuent pour plus de 90% dans les besoins des ménages locaux, le chercheur estime qu’elle devrait tout de même se faire d’une manière non destructive avec le simple ramassage manuel. Contrairement à ce qui s’est passé (saison de cueillette 2013), où l’abattage des arbres hôtes et l’élagage brutal des branches ont été largement répandus.

Il a constaté aussi que dans toute la chefferie, la croissance démographique, la récolte des produits forestiers non-ligneux comestibles et l’aspiration au développement économique et social entraînent une croissante pression sur la biodiversité et la réduction des surfaces boisées.

Signalons que la chefferie Pelende-nord se trouve dans le territoire de Kenge, dans la province du Kwango en République Démocratique du Congo. Elle s’étend sur une superficie de 4.683 km2

Pour survivre, une proportion importante de la population de cette entité vit de l’agriculture. Celle-ci ne satisfaisant pas entièrement leurs besoins, elles ont développé des activités lucratives diversifiées, dont la cueillette des chenilles comestibles Cirina forda et l’exploitation d’Erythrophleum africanum.

Le mode d’utilisation de ces ressources soulève la question de leur durabilité. Car, lorsque l’exploitation de ressources biologiques de valeur est élevée, il est certain que leur surexploitation les menace d’extinction.

JRB

Source: www.congosciences.org

Volume 5, Numéro 1, Mars 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *