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Un fertilisant vert, pour faire croitre une variété de maïs dans des conditions optimales

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En Afrique Sub-saharienne (ASS), chez les producteurs orientés vers l’agriculture de subsistance, la culture continue du maïs entraîne une balance négative en matières organiques du sol (MOS). La perte est estimée entre 13 et 48 kg par hectare pour l’Azote (N), entre 1 et 6 kg.par hectare pour le Phosphore (P), et entre 1 et 2.5 kg.par hectare, pour le Potassium (K). Sans une restauration des MOS, le sol accuse une perte progressive de sa fertilité. Cette perte de fertilité s’exprime à son tour par une diminution brusque ou graduelle de rendement selon le type de sol. Ainsi, la faible fertilité des sols est de plus en plus reconnue comme la cause biophysique fondamentale de la diminution de la productivité agricole donc de la sécurité alimentaire en ASS. Dans ces conditions, la protection et l’amélioration des sols, constituent un challenge pour le bien-être humain et pour la croissance économique et devient de ce fait, un enjeu à la fois social et économique à  épingler comme préoccupation au niveau national.

Les engrais minéraux ont fait leur preuve pour ce qui est de l’augmentation de rendement des cultures. Cependant, leur utilisation rencontre des contraintes socio-économiques à savoir leur prix élevé, leur indisponibilité, le coût élevé de leur transport et l’absence d’une technicité suffisante lors de leur application.

L’Institut National pour l’Etude et la Recherche Agronomiques et les Facultés d’Agronomie mènent des études pour des solutions alternatives qui consistent à utiliser l’engrais vert, disponible et accessible à tout agriculteur.

Le professeur Roger Kizungu, chercheur à l’INERA, a rapporté aujourd’hui que le jardin expérimental de l’Université de Kinshasa a servi de site d’étude entre avril et juillet 2011 à une expérience portant sur l’application d’un engrais vert dénommé Mu-cunautilis sur le maïs, notamment la variété Samaru.

Selon le chercheur, l’engrais vert a été coupé une année avant puis séché au soleil jusqu’à ce qu’il ait une humidité inférieure à 10%. A 4 mois, ils ont obtenu 5.8 tonnes pour un hectare.

D’autre part, la variété de maïs Samaru dont l’obtenteur est l’I-NERA, fleurit entre 50 et 55 jours et a un cycle végétatif de 90 à 120 jours. Elle est résistante à la striure et à la verse. La couleur de sa graine est jaune.

Le rendement du maïs sous le Mucunautilis à raison de 4 tonnes par hectare, séché enfoui 11 jours avant le semi et qui a eu donc le temps de se décomposer et de rendre disponibles les matières organiques du sol a un accroissement de 98% par rapport à l’application de l’engrais NPK au taux recommandé d’Azote soit 4 sacs de NPK (N17 P17 K17).

Pour le professeur, cette expérience a montré que l’enfouissement de Mucunautilis séché est une alternative conseillé pour les agriculteurs qui ont la capacité de séchage.

Il a relevé le fait qu’en RDC, dans la zone de savane et plus spécialement à Kinshasa, le maïs est une culture de plus en plus importante avec une consommation annuelle par personne qui est passée de 2,84 kg en 1975 à 6,68 kg en 2000, soit une augmentation de 135%.

Pour plus de détails lire l’article entier sur www.congosciences.org

3 thoughts on “Un fertilisant vert, pour faire croitre une variété de maïs dans des conditions optimales

  1. Je suis un paysan progressiste a la recherche d’informations sur les engrais verts applicables à la cultures des plantes à tubercules( manioc, patate douce et igname), mais jusque là je ne trouve que des articles sur le maîs. N’ya-t-il pas d’articles du papyrus à ce sujet?

      1. Bonjour chers Permaculteurs, particulièrement, le paysant progressiste, Eugène. Dans le jargon des fertilisateurs, on parle d’engrais vert lorsqu’il s’agit d’une culture intercalée entre deux principales dans le but d’être enfouie sur place avant la 2e des cultures principales (ex. Mucuna). En dehors de cela, il s’agit tout simplement de matières organiques d’origine végétale, me semble-t-il dans votre préoccupation. S’il en est ainsi, tout peut être utilisé, à condition que le “produit” soit disponible en abondance et ne vous coûte pas cher. Un exemple illustratif: me trouvant à la Station de l’INERA/Boketa, dans nos échanges avec le Chef de Station à propos de matières organiques, il m’affirma qu’à l’ouverture de champs dans la forêt, le manioc produisait pas moins de 60 Mg (tonnes)! Mais, dès que la litière forestière disparaît le rendement tombe à 8 – 10 Mg (Mégagrammes). Parmi les produits plus accessibles, à Mbuji-mayi, dans un essai, nous avons utilisé 3 kg de Thitonia/m2 sur la patate douce: rendement, 30 Mg/ha au lieu de 8 Mg.
        Si je retrouve ce travail, je me ferais le plaisir de le soumettre à Papyrus. Lumpungu

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