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Un chercheur congolais travaille sur un projet de culture de champignon

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La recherche scientifique se porte bien en RDC, même si le secteur souffre d’un criant manque de moyens. Des talents purs, le Congo-Kinshasa en dispose à profusion. Et le Parlement doit initier une loi pour promouvoir le génie congolais. Le cas de Simon Dibaluka Mpulusu, professeur de l’Université de Kinshasa (Unikin) et responsable du projet Kin-Champignon, force l’admiration. Le savant travaille depuis 1985 sur un projet de culture du champignon sur la Colline Inspirée.

Mais comment germe dans sa tête l’idée de cultiver le champignon qui, pour le commun des mortels, passe pour une « plante sauvage » ?  Voici son hypothèse de travail : «  Si les arachides et haricots sont cultivés depuis la nuit des temps, pourquoi ne pas cultiver le champignon comme tant d’autres cultures. C’est là le point de départ de cette recherche qui sort de l’ordinaire.

« Je me suis mis sur cette recherche depuis 1985 alors que je rédigeais mon mémoire de licence. J’ai donc eu l’idée de m’adonner à la culture du champignon comme elle se pratiquait déjà dans d’autres pays », confie Simon Dibaluka Mpulusu.

La culture du champignon présente certaines exigences, notamment l’usage des semences microscopiques qui sont en réalité des spores. De ce fait, toutes les manipulations doivent se faire dans des conditions aseptiques, de façon à placer hors d’atteinte ces spores à mettre en culture par rapport aux autres microorganismes qui peuvent entrer en compétition dans les cultures.

S’agissant de ses vertus, le chercheur congolais relève que le champignon est un aliment équilibré, contenant tous les nutriments nécessaires à l’homme, notamment les protéines. Et à 85%, les protéines du champignon sont digestives. Elles contiennent tous les acides aminés essentiels que l’organisme ne sait pas synthétiser et les cherche dans les aliments. Le champignon en contient à 100% dans ses protéines

Sur un autre plan, le champignon présente beaucoup de vertus médicinales. Il contient par exemple des polysaccarides  ayant des vertus curatives, notamment en ce qui concerne la régulation de la pression sanguine, le renforcement du système immunitaire et la lutte contre les tumeurs ou faire des molécules à base de champignon pour guérir les maladies.

Subventionner la production de la semence

Pour vulgariser ainsi la culture du champignon, le professeur Simon Dibaluka Mpulusu estime qu’il a besoin que les pouvoirs publics subventionne l’étape de la production de la semence. La difficulté est que même s’il formait des gens, tant que l’Etat n’aura pas subventionné l’activité de production de la semence au laboratoire, les cultivateurs seront dans l’impossibilité de s’en procurer.

Pour lui donc, le point de départ pour vulgariser la culture du champignon est la subvention de la production de la semence. L’exemple du Ghana est assez illustratif, soutient-il. Ce pays de l’Afrique de l’Ouest a engagé des experts thaïlandais qui ont monté une industrie de semences subventionnée, à partir de laquelle l’on distribue la semence aux paysans.

« Cette fois-ci ou jamais, l’Etat doit comprendre que nous avons besoin de subventions pour vulgariser une activité que nous avons initié depuis 29 ans. Cela nous permettrait de sortir du laboratoire pour aller vers la population, la former à produire la semence du champignon et ainsi vulgariser sa culture en milieu rural ; question de lutter contre la sous-alimentation du Congolais », conclut le chercheur congolais.

Pour rappel, l’idée de cultiver le champignon a germé à l’Université de Kisangani, à l’époque Simon Dibaluka était encore étudiant. Il faisait à l’époque la systématique et au terme de ses recherches qu’il fera des propositions pour faire la culture du champignon. Au moment où il atterrit à l’Unikin, il trouve le projet champignon sur la Colline Inspirée, avec le prof Mwambi Shambuyi, devenu professeur émérite. Aujourd’hui, tous ses compagnons ont abandonné cette piste de recherche et Simon Dibaluka est le seul qui la perpétue à ce jour.

 Saint Augustin Kinienzi

Le journal le Potentiel du 25 septembre 2014

 

 

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