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Suite à une étude menée à l’hôpital général de référence de N’djili, la RDC n’échappe pas à la présence d’infections dans les sites opératoires

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« L’infection du site opératoire est survenue dans 4,8% de cas ayant reçu l’antibioprophylaxie. Le pourcentage cumulé d’infections du site opératoire était de 8,3%. Le taux d’infections du site opératoire (ISO) après antibioprophylaxie est proche de l’incidence des ISO en Afrique subsaharienne ». C’est la conclusion d’une étude intitulée « Antibioprophylaxie et Infection du Site Opératoire à l’Hôpital Général de Référence de N’djili/ ISTM-KINSHASA » et publiée en novembre 2019 dans le site www.congosciences.cd.

Ce sont les chercheurs N’Sinabau Eyay Raïs, Kasongo Madibulaya Moïse1,2, Mesopamba Kiana Jacques, Amuli Kabali Sophie, Mbumba Mpanya Valentin, Muyuku Musema Lionel de l’hôpital général de référence de N’djili et Kasongo Madibulaya Moïse qui est à la fois à cet hôpital et aux cliniques universitaires de Kinshasa, qui ont publié cette étude.

Ils ont expliqué que l’antibioprophylaxie, appelée aussi antibioprévention, est l’utilisation d’un antibiotique dans un but thérapeutique afin de prévenir l’éventuelle survenue d’une infection susceptible d’être dangereuse. Selon les estimations, quand elle est bien conduite, elle est bénéfique et pourrait réduire d’environ 50 % le risque de survenue d’une infection sur une plaie opératoire. Elle doit comporter dans son protocole une molécule incluant dans son spectre les cibles bactériennes.

Dans ce contexte, l’étude avait comme objectif d’estimer le taux d’infections du site opératoire en chirurgie propre et propre contaminée après antibioprophylaxie et en milieu précaire tout en sachant que, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans les pays à revenu faible ou intermédiaire tel que la République démocratique du Congo (RDC), 11% des patients opérés sont infectés au cours de l’intervention.

La recherche a été menée à l’hôpital général de référence de N’djili du 1er mars 2017 au 30 mars 2018 chez 253 patients dont 83 ont respecté une antibioprophylaxie. La plupart des patients ayant bénéficié d’une antibioprophylaxie étaient de sexe féminin, soit 69 patients avec une sex-ratio de 0,20 en faveur du sexe féminin. L’infection du site opératoire est survenue dans 4,8% de cas ayant reçu l’antibioprophylaxie. Le pourcentage cumulé d’infections du site opératoire était de 8,3%. Le taux d’infections du site opératoire après antibioprophylaxie est proche de l’incidence des ISO en Afrique subsaharienne.

« Cette étude a révélé que la prescription abusive d’une antibiothérapie en post opératoire à la place de l’antibioprophylaxie ou pour renforcer cette dernière, n’avait aucun avantage significatif. Ainsi, il est nécessaire de respecter rigoureusement les indications de l’antibioprophylaxie afin de réduire le taux d’ISO dans nos milieux, d’éviter l’utilisation abusive d’antibiotiques et d’alléger la charge financière des malades », ont écrit les auteurs de cette étude.

Pour atténuer la fréquence des ISO dans les hôpitaux de la RDC, l’Etat congolais, par le biais du Ministère de la Santé, a du pain sur la planche et est appelé à agir comme il se doit.

JRB

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