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RDC : Une étude recommande qu’il soit urgent d’intervenir auprès des producteurs de la dorsale du Kivu pour les aider à inverser le cercle vicieux de la dégradation des sols et de la pauvreté

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Les résultats de cette étude indiquent qu’il est urgent d’intervenir auprès des producteurs de la dorsale du Kivu pour les aider à inverser le cercle vicieux de la dégradation des sols et de la pauvreté. La méthodologie développée et les résultats obtenus devraient ainsi permettre d’accompagner des interventions futures grâce à une meilleure connaissance du milieu et une priorisation des zones d’interventions et des exploitations. À cet effet, le fait que les exploitants soient majoritairement propriétaires de leur parcelle facilitera la mise en œuvre de toute action de lutte contre les différentes formes de dégradation.

C’est la recommandation faite par les chercheurs Aimé B. Heri-Kazi et Charles L. Bielders de l’Université de Louvain et de l’Université catholique de Bukavu dans leur publication intitulée « Dégradation des terres cultivées au Sud-Kivu, R.D. Congo : perceptions paysannes et caractéristiques des exploitations agricoles ». Reçu le 28 avril et accepté le 12 mars 2020, le travail a été mis en ligne le 8 avril 2020 dans le site de l’Université catholique de Bukavu.

Cette étude visait à caractériser la sévérité de la dégradation des sols cultivés au Sud-Kivu et comment celle-ci est affectée par la diversité des contextes biophysiques et socio-économiques, par les choix de cultures et de pratiques culturales.

Les exploitations se caractérisent par leur petite taille et leur pauvreté. Globalement, l’état de dégradation est perçu comme moyen, mais il est sévère à très sévère pour un tiers des producteurs. L’érosion, les pertes d’éléments nutritifs et de matière organique sont les principaux types de dégradation. La pression démographique explique en partie les différences observées entre bassins. Les ménages les plus pauvres présentent en moyenne les niveaux de dégradation les plus élevés. Certaines pratiques (billonnage) ou cultures (manioc, café, cultures maraichères) semblent préférentiellement associées à certains états de dégradation, sans que des liens de cause à effet ne puissent être établis en raison de la prédominance des associations culturales, ont conclu les deux chercheurs.

Ils sont convaincus  que l’enquête a mis en évidence une situation qui interpelle, affectant particulièrement les ménages les plus pauvres, qui doit inciter à plus d’investissements en matière de conservation des sols.

Les chercheurs Aimé B. Heri-Kazi et Charles L. Bielders estiment que cette situation semble découler des conditions topographiques défavorables, de la forte pression sur les terres en lien avec la démographie, mais aussi de la capacité limitée des producteurs à investir dans l’entretien de leurs terres, les exploitations les plus pauvres ayant les niveaux de dégradation les plus élevés.

L’érosion hydrique, ont-ils souligné,  apparaît comme une cause importante de la dégradation des terres, tout comme l’épuisement des sols et la perte en matière organique. Des liens ont pu être établis entre l’état de dégradation et certaines cultures et pratiques agricoles, même si une telle analyse est rendue très complexe compte tenu de la quasi-généralisation des associations de cultures.

Ils ont fait remarquer qu’afin d’objectiver les résultats, il serait utile de compléter les données obtenues par voie d’enquêtes avec des mesures quantitatives de la sévérité de différentes formes de dégradation. Pour plus de facilité d’interprétation, ce travail devra être réalisé à une échelle plus réduite, à savoir celle de la sous-parcelle.

JRB

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