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RDC : Une étude appelle à la mise en place d’une stratégie innovante de développement de l’industrie de l’électricité

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En 2030, au rythme actuel d’investissement et d’électrification, 84 millions de personne vivront toujours sans électricité en RDC, selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2020. Selon les chercheurs Beya Kamba Jean-Marie et Lusinde wa Lusangi Kabemba Fabrice de la faculté Polytechnique de l’Université de Kinshasa, département de Génie Electrique et Informatique, il est donc impératif de mettre en place une stratégie innovante de financement et de développement de l’industrie de l’électricité qui propose des solutions techniques adaptées à un contexte extrêmement complexe, d’une grande fragilité et à priori très peu attractif pour l’investissement privé (risque pays élevé).

Dans leur étude intitulée De la Nécessité de Recapitaliser l’Industrie de l’Electricité en République Démocratique du Congo à l’Ere de la Covid-19, publiée dans le site de Congosciences.cd en mars 2021, les chercheurs indiquent que la relance de l’économie avec et post-COVID-19 devrait se focaliser sur la redynamisation des investissements dans l’industrie de l’électricité avec comme point de départ, la réduction de la facture énergétique pays et la sécurisation des approvisionnements en électricité du pays (suppression de la dépendance des sociétés minières congolaises et de certaines villes transfrontalières aux importations d’électricité).

Aujourd’hui, ont-ils écrit, près de 20% de la consommation d’électricité des sociétés minières congolaises (dans les provinces du Haut Katanga et du Lualaba) est importée d’Afrique australe (Figure 4) [SNEL,2020] auprès des sociétés d’électricité zambiennes ZESCO (Zambia Electricity Supply Corporation Limited) et CEC (Copper belt Energy Corporation).

Ils estiment que cette situation de dépendance pose la question de la sécurité de l’approvisionnement en électricité de la RDC, de la résilience de son industrie minière, pilier de l’économie congolaise mais aussi de l’augmentation croissante et soutenue de la facture énergétique du pays. A titre indicatif, pour la période allant de 2016 à ce jour, le coût de l’achat de l’électricité importée par les sociétés minières congolaises représente plus de 450 millions de dollars américains.

Pour les chercheurs Beya Kamba Jean-Marie et Lusinde wa Lusangi Kabemba Fabrice, la planification énergétique 2021-2030 doit être décentralisée et territoriale afin de réduire la fracture énergétique pays et les inégalités de l’accès à l’électricité qui constituent un obstacle au développement dans les provinces et les territoires. La stratégie énergétique devrait privilégier une consommation d’énergie plus rationnelle à travers des politiques d’investissement et d’efficacité énergétique axées sur le recours accru aux systèmes de stockage d’énergie, aux technologies solaires photovoltaïques (SHS, minigrid et autres), à l’hydroélectricité de taille moyenne et au développement de la filière hydrogène-énergie. Chaque plan (stockage, solaire, hydro et hydrogène) doit reposer sur un business model qui prend en compte: (i) le faible pouvoir d’achat des populations, (ii) des infrastructures de transport (voie de communication et d’acheminement des équipements à l’intérieur, dans les provinces enclavées) quasi inexistantes et (iii) les problèmes de sécurité et de conflits qui peuvent rendre la demande d’électricité imprévisible. La politique sectorielle doit également apporter des solutions pour lever les obstacles et les freins à l’apport en capitaux et aux investissements privés dans le secteur de l’industrie de l’électricité en RDC

De même, face à la pénurie des compétences et de la main d’œuvre hautement qualifiée, les chercheurs estiment qu’un accent particulier devrait être mis sur la promotion des métiers de l’électricité et la formation continue de milliers d’ingénieurs et de techniciens, futurs industriels et capitaines d’entreprises congolais. Enfin, les universités et les écoles techniques devraient être plus impliquées dans tous les projets de développement, d’infrastructures et de systèmes électriques et ce, dans toutes les phases des projets (études, mise en œuvre et de l’exploitation).

Dans leur étude, les deux chercheurs ont signalé qu’en 2020, en l’absence d’investissements conséquents et d’une politique appropriée, moins de 2 % du potentiel hydroélectrique (100 GW) et du gisement solaire (70 GW) sont exploités. La RDC, avec seulement 2.750 MW de capacité installée, se classe désormais après l’Ethiopie, l’Afrique du Sud, l’Angola et l’Egypte, au 5erang des pays africains producteurs d’hydroélectricité.

JRB

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