dim. Août 14th, 2022

LEPAPYRUS.CD

Site d'information sur la science

RDC : Le ‘’mucuna pruriens’’, un bon fertilisant naturel du sol pour la culture des graminées dans le Kwilu

4 min read

Quasiment négligé par plusieurs paysans et autres acteurs agricoles, le ‘’Mucuna pruriens’’, une des plantes rampantes très connue dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, est, selon les chercheurs, un fertilisant efficace du sol susceptible de favoriser la culture des graminées et autres cultures vivrières.

L’Institut technique agricole et vétérinaire de Kikwit ITAV, une école étatique de grande renommée qui a formé plusieurs techniciens A2 compétents sur terrain a expérimenté cette plante pour ses activités.

Depuis son implantation dans la ville de Kikwit, il y a plusieurs décennies, l’institut ne dispose à ce jour que de 2 hectares de terre pour la pratique. Les dirigeants de cet institut affirment que la rotation des différentes cultures sur ce même sol chaque année a occasionné son appauvrissement. Cela a réduit sensiblement son rendement.

En 2015, l’ITAV a mis sur pied la technique d’enrichissement du sol avec les engrais organiques notamment le fertilisant mucuna afin de réaliser des meilleurs résultats de produits issus de la terre.

Selon le préfet de cet institut Mr. Gaston Giabonga, l’épithète ‘’technique’’ doit se prouver sur le  terrain. «Chaque fois que nous amendons le sol, notre rendement s’améliore. Au premier trimestre en 2016, nous avions réalisé 80.000 Fc après la vente des amarantes cultivées grâce à ‘’Mucuna’’ contrairement aux années antérieurs où nous n’utilisions pas cette plante», déclare-t-il.

«Avec l’usage de ‘’mucuna’’ au deuxième trimestre de la même année, nous sommes passés de 80 à 150.000 Fc grâce toujours à ‘’Mucuna que nous avons multiplié. Compte tenu de l’étendue de terre disponible (2 hectares) nous sommes obligés de recourir à cette méthode moins couteuse mais bénéfique. Nos élèves palpent du doigt les réalités apprises en classe notamment en topologie en vue de semer des cultures en fonction du sol. Ils labourent, sèment avec ‘’mucuna’’, récoltent les fruits de leurs travaux. Ils en tirent aussi des bénéfices après la vente» a-t-il fait savoir.

Pour l’ingénieur Mbey okies Ikes depuis l’acquisition de ce terrain, on ne fait que le tourner sans l’amender. Cela a dégradé le sol. «Suite aux difficultés d’ordre financier que nous éprouvons, nous nous accrochons aux engrais organiques qui ont la capacité de reconstituer le sol. Le ministère de l’agriculture a mis à notre disposition le fertilisant ‘’mucuna pruriens’’. Cette plante remplace valablement les engrais pour le besoins en azote. Elle répond bien à la culture de graminée et autres cultures vivrières puis améliore le rendement», dit-il.

Mbey Okies ajoute que cette plante fixe les bactéries en tant que légumineuse qui arrangent les  propriétés biophysiques du sol. Ses feuilles enfouies dans le sol se décomposent rapidement et se transforment en humus.

Il révèle également que le ‘’mucuna s’adapte à tous les types de  sol : sable roux, sable blanc, sable dunaire, sol noir. Sa culture est recommandée sur le sol à réhabiliter en association avec une plante restructurante. «Légumineuse rampante, à tige volubile, cette plante annuelle est un bon fixateur d’azote. Elle est capable de mobiliser et de recycler les éléments du sol. Elle permet surtout la fixation d’azote pouvant aller jusqu’à 170 kg/ha et une production d’azote restituée par les résidus allant jusqu‘à 200 kg/ha (résultat observé au Bénin) ».

Selon toujours ce spécialiste, ‘’Mucuna’’ produit une importante biomasse qui permet de lutter efficacement contre l’érosion éolienne et hydrique (ruissèlement). Ses graines peuvent contenir jusqu’à 20% de protéines. Le semi : en culture pure : semi en ligne espacée de 50 cm x 50 cm avec 1 à 2 graines par poquet. En culture associée : espacement de 50 cm x 80 cm. La profondeur de semi est de 4 à 6 cm avec une dose de 20 à 50 kg/ha.

Toutefois, indique-t-il, ces graines ne sont pas consommées par les humains. Elles interviennent dans l’alimentation de bétail surtout de volailles. Elle accélère la ponte chez les volailles. «L’ITAV vulgarise cette culture parce qu’elle est d’une importance capitale. Ceux qui en connaissent l’utilité viennent s’approvisionner pour l’expérimenter ailleurs».

Jadis appelé école technique secondaire et supérieure d’agriculture, ETSSA en sigle, institution qui a expérimenté ‘’Mucuna’’ a livré les premiers diplômes vers les années  60. En 1971, elle change de nom  et devient l’institut technique d’agriculture de Kikwit, ITA Kikwit. En 1995, l’option vétérinaire leur est accordée changeant ainsi l’ITA en ITAV c’est-à-dire  institut technique agricole et vétérinaire de Kikwit.

Signalons qu’à part ITAV, une autre plate-forme dénommée Appui aux initiatives paysannes pour le développement (AIPD) qui a plus de 40 structures paysannes s’est livrés également à la vulgarisation de ‘’Mucuna’’ dans le territoire de Gungu depuis trois ans.

            Badylon Kawanda Dakiman

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.