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RDC : Le législateur appelé à réformer la Commission Electorale Nationale Indépendante

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Deux ans après la fin du mandat légal de Joseph Kabila, les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales viennent de se tenir en RDC. Beaucoup d’encres et de salives ont commencé à couler après la publication des résultats par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Il n’en pouvait être autrement.

« 2006 on a volé la victoire à Bemba, 2011 on a volé la victoire à Etienne Tshisekedi, 2018 on ne volera pas la victoire à Martin Fayulu », a déclaré Martin Fayulu, le 10 janvier 2019, pour contester les résultats publiés par la CENI. Il a fini par déposer un recours à la Cour constitutionnelle.

Il en est de même d’un candidat malheureux à l’élection présidentielle, Théodore Ngoy qui a introduit le samedi 12 janvier à la Cour Constitutionnelle un recours en contestation de la régularité des élections.

De leur côté, les archevêques et évêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) ont déclaré que les résultats publiés par la CENI n’étaient pas conformes à ceux collectés par leur mission d’observation électorale.

La contestation des résultats des élections est à la base de plusieurs manifestations et des morts d’hommes dans certains coins du pays.

En  2006, en 2011 comme en 2018, les résultats publiés par la CENI ont été contestés. Le pays doit évoluer et envisager des élections où il y aura moins ou pas de contestation.

Dans tous les cas, la CENI ne peut pas être sans reproche à travers les résultats qu’elle rend publics. Il est impensable, inimaginable qu’avec les 38, 57% de Félix Tshisekedi et 34, 83% de Martin Fayulu que l’Opposition n’ait pas la majorité à l’Assemblée nationale. Il y a anguille sous roche. Cela laisse penser que les électeurs congolais sont des idiots qui, en élisant leur chef de l’Etat, n’ont pas pensé à lui donner une majorité suffisante pour gouverner.

Cette situation met à nu une manipulation des résultats au niveau de la direction de la CENI. En manipulant les résultats on ne prend pas en considération le Souverain primaire. Or, celui le détenteur naturel du pouvoir.

Face à cette situation, le législateur est vivement interpellé et appelé à rectifier le tir pour éradiquer ou réduire la contestation des résultats des élections. Il est plus qu’urgent d’examiner d’autres pistes.

Dans sa configuration actuelle, le soin de publier les résultats revient à une poignée d’individus travaillant à la CENI à Kinshasa. Ils ont la possibilité de manipuler les résultats comme ils l’entendent. Il faut absolument y mettre fin.

En cherchant comment éradiquer ou réduire la contestation électorale, on peut envisager de donner aux centres locaux de compilation des résultats (CLCR) le droit de publier les résultats compilés dans les bureaux et centres de vote. Ils vont garder les procès-verbaux des résultats à leur niveau et pouvoir répondre à toute contestation, voire même recompter les voix s’il le faut.

En présence des médias et d’autres observateurs, dans une soirée électorale, la direction de la CENI aura pour tâche d’avaliser les résultats des CLCR en regardant si la forme a été respectée. Dans la soirée électorale, en ce qui concerne la présidentielle, la CENI fera, sur la place publique, la sommation des résultats provenant de différents CLCR. L’on espère ainsi publier les vrais résultats issus des urnes et réduire tant soit peu la contestation électorale. C’est de cette manière que l’on peut donner de la considération au souverain primaire.

Ce n’est qu’une piste de solution. Il peut y en avoir de meilleur que celle-ci.

Le Papyrus

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