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RDC : Le Gouvernement et ses partenaires annoncent une augmentation de vaccination de routine contre la rougeole

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Dans un communiqué de presse conjoint publié à Kinshasa le mardi 25 février 2020, MSP, GAVI, OMS et l’UNICEF annoncent l’augmentation de 50% du nombre de vaccination dans les provinces les plus vulnérables contre la rougeole essentiellement. Voici dans son intégralité ce communiqué  

Un plan d’urgence ambitieux mis en place par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) pour renforcer la vaccination de routine a permis, en à peine plus d’un an, d’augmenter de 50 % le nombre de séances de vaccination effectuées dans les zones vulnérables, selon les dernières informations communiquées lors de la réunion annuelle d’évaluation qui s’est tenue la semaine dernière à Kinshasa.

Le Plan Mashako – officiellement Plan d’urgence pour la relance de la vaccination systématique en RDC – a été lancé en octobre 2018 pour remédier à la faiblesse des taux de couverture vaccinale de routine dans un pays où, en 2017, les deux tiers de la totalité des enfants – 2,5 millions – n’étaient pas complètement vaccinés et où 20 % des enfants n’étaient pas vaccinés du tout.

La première phase s’est concentrée sur les neuf provinces les plus touchées par les épidémies de rougeole et de poliomyélite d’origine vaccinale et où vivent la moitié des enfants incomplètement vaccinés ou pas vaccinés du tout (dénommés enfants ‘zéro dose’).

Avec pour objectif initial d’augmenter de 15 % la couverture vaccinale dans ces provinces à l’horizon 2020, le plan comporte des indicateurs clairs et faciles à mesurer. Sa mise en œuvre est facilitée par l’utilisation, grâce au soutien de Gavi, d’une application qui permet aux agents de santé de suivre en temps réel les séances de vaccination, l’état des stocks de vaccins et la performance de la chaîne du froid (application ‘Plan Mashako’). Les données collectées par l’application sont intégrées dans un tableau de bord national qui permet au ministère de la Santé de prendre des décisions rapidement en s’appuyant sur des données probantes.

« Le plan Mashako prouve que notre pays est capable de mettre en œuvre des programmes induisant des changements radicaux et d’obtenir des résultats impressionnants en peu de temps », a déclaré le Dr Eteni Longondo, ministre de la Santé de la RDC.  « En fournissant aux agents de santé des objectifs clairs et en nous concentrant sur quelques priorités, nous avons réussi à relancer le programme de vaccination. Il existe dans chaque province d’excellents gestionnaires de la santé publique qui peuvent obtenir de bons résultats lorsqu’ils disposent des bons outils. »

Les résultats obtenus en un an sont extrêmement encourageants :

  • Le nombre de sessions de vaccination mensuelles dans ces provinces s’élève désormais à 24 000, soit une augmentation de 50 % par rapport au nombre de vaccinations effectuées en 2018. Pour améliorer l’accessibilité aux services de vaccination, des séances supplémentaires ont été organisées à proximité du lieu de résidence des mères et des enfants.
  • Grâce à l’utilisation de l’application Mashako, 3 000 centres de santé sont désormais supervisés chaque mois, contre 700 seulement en 2018.
  • Ainsi, 95 % des zones sanitaires du pays déclarent disposer de chaînes du froid fonctionnelles pour le transport et le stockage des vaccins, soit une augmentation de 22 points de pourcentage en un an.

« Ces résultats témoignent de la volonté du gouvernement de la RDC d’améliorer les résultats de la vaccination, » a reconnu M. Thabani Maphosa, directeur général des programmes pays de Gavi, l’Alliance du Vaccin. « L’extension des services de vaccination systématique aux communautés les plus vulnérables représente déjà en soi un résultat important, outre le fait qu’elle permet de lutter contre de multiples épidémies. »  

Le renforcement de la vaccination systématique permet de protéger la population contre la propagation des maladies infectieuses et de la mettre en contact avec les services de santé essentiels, ce qui facilite la détection précoce des épidémies. Cela implique également la mise en place tous les éléments nécessaires pour constituer un système de santé robuste comme les chaînes d’approvisionnement, la formation des agents de santé et les systèmes de recueil et d’exploitation des données. L’extension de ces services aux derniers 20 % des enfants qui échappent encore à la vaccination doit être la priorité si l’on veut sauver des vies et de se prémunir contre les maladies qui pourraient à l’avenir menacer la santé publique.

« Avec le Plan Mashako, la RDC a fait un grand pas dans la bonne direction en vue d’une meilleure coordination au niveau de la gestion de sa politique vaccinale, » a reconnu le Dr Amédée Prosper Djiguimdé, chargé du Bureau de l’Organisation mondiale de la Santé en RDC. « Mais de nombreux défis restent à relever, notamment le renforcement de l’approvisionnement en vaccins et la lutte contre les pénuries. »

« L’OMS est prête à aider le gouvernement de la RDC à mettre en place une vaccination systématique de qualité pour améliorer la santé de tous les enfants, même de ceux qui vivent dans les zones rurales les plus reculées du pays, et d’atteindre ainsi l’objectif de la santé pour tous. Nous partageons la responsabilité de contribuer à résoudre les grands problèmes de santé de la RDC, » a-t-il ajouté. 


« La vaccination constitue la première priorité de l’UNICEF, » a déclaré M. Gilles Fagninou, Directeur Régional Adjoint du Bureau Régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. « Chacun de nous devrait selon ses prérogatives, faire en sorte que les vaccins soient disponibles et que chaque enfant congolais soit vacciné. La vaccination constitue le socle de la Couverture Sanitaire. »

Le Plan Mashako est dirigé et mis en œuvre par le gouvernement de la RDC avec le soutien de Gavi, de l’OMS, de l’UNICEF, de PATH, de Village Reach, d’Acasus et de la Fondation Bill & Melinda Gates. Le plan sera étendu à huit provinces supplémentaires en mai 2020 et à neuf autres en octobre 2020.

La photo à la une est de OMS/Eugene Kabambi

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