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RDC : Deux scientifiques recommandent la culture de l’écotype indien de Jathropha curcas par rapport à l’écotype local

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« L’essai comparatif de rendement de deux écotypes de Jatrophacurcas, Indien et Local, sur base de la densité de plantation, nous a permis de noter que les meilleurs rendements sont obtenus avec les densités faibles (3mx2m), donc celles qui permettent d’obtenir 16 plants par parcelle, soit, 1666 plants par hectare. Il convient donc de noter que les faibles densités de plantation ont permis de réduire la compétition en éléments nutritifs du sol et ont favorisé la croissance et le développement des plants de Jatropha curcas L.  Les résultats de cette étude comparative prouvent les performances de la variété indienne par rapport à la variété locale dont les productions moyennes et les rendements sont respectivement 1,49 kg et 9,3 tonnes par hectare, et 1,76 kg et 11 tonnes par hectare ».

Les chercheurs Bonaventure LungaPelendee RigobertLunga Zola, assistants à laFaculté des Sciences Agronomiques et Gestion Durable des Ressources Naturelles, de l’Université du Kwango, à Kenge, en RDC, sont arrivés à cette conclusion à l’issue de leur étude intitulée « Recherche expérimentale de la culture de Jatrophacurcas dans la savane steppique de Tata-Kapemba, Kenge, RDC » et publiéedans la revue HES du mois d’avril- juin 2019.

L’objectif principal de cette étude était de mener un essai cultural de deux écotypes de Jatrophacurcas, Indien et Local, dans la savane steppique de Tata-Kapemba/Ville de Kenge en RDC.  Spécifiquement, il a été question de décrire les vertus de Jatropha sur le plan enrichissement et protection du sol, décrire les techniques de la production de J. curcas et explorer le rendement de la culture de Jatropha curcas dans la province du Kwango

Comme recommandation, les deux scientifiques estiment que cette culture peut donc être vulgarisée auprès des agriculteurs de Kenge qui rencontrent de nombreuses difficultés liées à la fertilité des terres de savanes steppiques et que pratiquée à grande échelle cette culture peut leur permettre de produire l’agrocarburant et par voie de conséquence participer à la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. Des efforts concertés de la part des autorités provinciales en charge de l’environnement, l’énergie et la santé sont donc requis pour promouvoir la culture deJatropha.

Comme dans plusieurs parties du monde, de l’Afrique et de la RDC, dans la province du Kwango en général et la ville de Kenge en particulier, on aperçoit clairement des érosions de part et d’autre, et l’apprivoisement du sol entrainant une grave sous production agricole. Ainsi, la lutte contre l’érosion et la protection des sols doivent être intégrées dans des stratégies de production et non de mise en réserve de surfaces de sols. Les sols productifs doivent être protégés contre l’érosion sans pour autant empêcher les agriculteurs de les cultiver, sous prétexte de les protéger.

Certaines cultures, ont souligné les deux chercheurs,peuvent jouer un rôle protecteur et restaurateur au sol en l’instar de Jatrophacurcas qui comme le soutient Mergeai (2011), peut tout à la fois produire de grandes quantités de bioénergétiques, restaurer les sols marginaux, améliorer la fertilité de tous les types de sol, reboiser les terres dégradées, favoriser la sécurité foncière, limiter les dégâts du bétail divagant sur les cultures, diversifier les revenus des agriculteurs, et obtenir des sous-produits présentant des usages phytosanitaires et thérapeutiques. Malheureusement, Mergeai (2011), dénonce que les qualités «miraculeuses» du Jatropha sont cependant de plus en plus remises en question par d’autres acteurs (principalement des ONG).

Selon Reinhard et al. (2002), Jatrophacurcas est une plante d’origine latino-américaine qui est maintenant répandue dans toutes les régions tropicales arides et semi-arides du monde. Membre de la famille des Euphorbiacées, elle est une plante pérenne résistante à la sécheresse (Bayoulou S. 2013), qui peut vivre jusqu’à 50 ans et qui croît sur des sols pauvres. Par ailleurs Abdoulaye V., et al (2013), indique que la plante est résistante à la sècheresse. Le Jatropha s’adapte bien à la plupart des types de sols, mais préfère les sols profonds, de texture sableuse, à structure grumeleuse.

Les chercheurs ont indiqué que le  choix de la culture de Jatropha se justifie par ses divers avantages potentiels, à savoir, entre autres, les propriétés bioénergétiques de l’huile contenue dans les graines (agrocarburants pour les moteurs diesel de véhicules et groupe électrogène, fabrication de bougies, éclairage par lampe à huile après avoir filtré l’huile), la restauration des sols, la production de biopesticides et la génération de revenus substantiels pour les producteurs et économique liés à l’exploitation commerciale de cette plante, la lutte contre l’érosion.

Du  fait de sa teneur en eau, elle résiste au feu, repousse très vite, elle va résister au prochain feu de brousse (Legendre, 2008). Bien plantée, une haie de Jatropha curcas peut donc servir de pare feu.

Le champ expérimental a été installé sur le plateau de Tata -Kapemba, à proximité de l’aérodrome de Kenge dans la ville de Kenge chef-lieu de la province du Kwango. Le plateau est couvert par une savane steppique à Laoudetia simplex associé à une liane nommée Landolphia lanceolata. Les espèces ligneuses sont quasiinexistantes.

L’étude a usé d’une méthode expérimentale prospective à devis exploratoire corrélationnel, avec un dispositif en carré latin, soit quatre traitements.

JRB

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