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RDC: Abattage d’arbres fruitiers à N’sele, une pratique courante pour la production de charbon des bois

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Un safoutier coupé

A Kinshasa, particulièrement dans la commune urbano-rurale de la N’sele, la population abat les arbres fruitiers pour en faire du charbon de bois. Le Papyrus a demandé à un ingénieur de décrire ce phénomène avec des photos à l’appui. Voici son récit:

Buma, l’un des quartiers de la commune de N’sele, est situé à environ 7 km de la RN2, en partant de l’entrée Buma à Mikondo. Plus ou moins 2 800 ménages ( Résultat de l’enquête OCDD 2020) y vivent. Il est dans le groupement Buma et est environné de plus des vingt-cinq villages dans un rayon de 60m2. Pour les coordonnées géographiques de Buma, sa latitude est de 04.46536, sa longitude de 15.46128 et son altitude de 368m

La population est importante mais elle est dépourvue d’eau, d’électricité et d’une bonne route asphaltée.  Ce qui  rend précaires les conditions de vie de ladite population qui dépend dans la quasi-totalité du centre ville. Tôt le matin, sur la route principale et sabloneuse dénommée Djoko, livrée à la merci des gangsters (kuluna) du quartier Bikuku séparant Buma du reste de la commune, les habitants sont obligés de parcourir, dans la plupart des cas à pied, de longues distances pour  pouvoir trouver leurs besoins de ménage.

Une dizaine de taxis motos roulent à vive allure pour traverser ces bandes de sable et sont auteurs de plusieurs accidents. En outre, y passent également des bicyclettes bien chargées des sacs de braises, tirées parfois par une ou deux personnes à chaque instant. Et quelques fois, 3 ou 4 véhicules Land cruiser ou Toyota transportent plusieurs sacs de charbon des bois pour les revendre au centre ville.

Un avocatier abattu

Dans sa grande majorité, la population se retrouve dans la cueillette de morceaux des bois. En effet, la fabrication et la commercialisation de charbon de bois est de pratique courante dans ce milieu. C’est d’ailleurs l’activité principale des ses habitants.

Étant donné que toutes les forêts ont été décimées, les habitants se sont lancés dans la commercialisation d’abres fruitiers se trouvant dans leurs parcelles. Ce qui fait qu’un arbre fruitier de 6 ans se négocie à partir de 5 000 Fc. S’il est très âgé, le prix de vente se discute à partir de 15 000Fc.

Les manguiers sont les arbres les plus abattus, ensuite il y a les safoutiers et les avocatiers. Selon leurs dires, comme il n’y a pratiquement pas de débouchés pour leurs fruits, alors ils préfèrent vendre les arbres en lieu et place des fruits. Durant notre séjour, nous avons essayé de leur faire comprendre le bénéfice qu’il y a de garder la plante que de l’abattre pour 3 000 ou 15 000 Fc. Dieu seul sait si nous serons entendus.

Il y a nécessité d’intervenir avec des projets pour la protection des arbres fruitiers, leur reboisement et éveiller aussi leur conscience. Ce temps de confinement suite à la pandémie de Covid-19 a été nocif pour les arbres fruitiers dans ce coin.

Il est pénible de voir de petits enfants, fréquentant encore l’école primaire, maîtriser à la perfection toutes les techniques de la production de charbon de bois. Il y a urgence.                                                                                              Ir. Evariste Mununu

 

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