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RDC: Professeur Valentin Kanda Nkula: « L’inventaire de nos ressources ne suffit pas, il faut les certifier »

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Le Papyrus: Plusieurs organisations de la société civile œuvrant dans le secteur des ressources naturelles ont formulé ces dernières années le souhait de  voir l’Etat congolais initier une étude pour connaître toutes les ressources naturelles du pays. Vous êtes professeur à la faculté des Sciences de l’Université de Kinshasa et Directeur général du Centre de Recherches Géologiques et Minières (CRGM), êtes-vous favorable à une telle initiative ?

Prof. Valentin Kanda Nkula: L’initiative est louable et mérite d’être soutenue. Cependant, une telle étude exige des moyens importants et  l’Etat devrait se donner les moyens de sa politique étant donné la diversité desdites ressources. Par définition,  les ressources naturelles comprennent les ressources minérales, les ressources énergétiques comme les hydrocarbures  liquides, solides et gazeux et les substances minérales radioactives ; les ressources hydriques dont  les eaux de surface, les eaux souterraines et la géothermie ainsi que les ressources biologiques subdivisées en ressources forestières et ressources animales.

Connaître toutes ces ressources n’est pas le travail d’un jour. C’est un processus à long terme qui exige l’élaboration d’un programme ad hoc qui sera exécuté par des institutions de préférence scientifiques qui détiennent l’expertise nécessaire  à telle ou telle ressource.

Le Papyrus: Compte tenu de l’immensité du pays, une telle étude est-elle possible ?

Prof. Valentin Kanda Nkula: L’étude est possible, mais doit être programmée dans le temps. Cela signifie qu’elle doit se faire étape par étape et secteur par secteur. A titre d’exemple, la convention que la RDC, Zaïre à l’époque, avait signée avec le BRGM, Bureau de Recherches Géologiques et Minières, organisme  français, en 1969 pour procéder à l’inventaire des ressources minérales du pays s’est arrêtée en 1982, mais le travail n’a porté que sur  trois provinces et pas dans leur intégralité. Il s’agit de la Province orientale, de l’Equateur et d’une partie du Katanga. C’est pour dire que cette étude sera un long processus. Il sied d’ajouter aussi que le Centre de Recherches Géologiques et Minières (CRGM) ne traite que des  ressources minérales.

 
Le Papyrus: D’après vous, quelles sont les expertises nécessaires dont le pays aura besoin pour une telle entreprise ?

Prof. Valentin Kanda Nkula: L’expertise est fonction de la nature des  ressources naturelles soumises à l’étude. Dans l’ensemble, pour les  ressources citées ci-haut, il y  existe au niveau du pays des institutions scientifiques qui œuvrent dans ces différents domaines. Je pense aussi que l’étude nécessitera l’ouverture sur des  institutions homologues d’autres pays qui pourront ainsi  travailler en synergie avec la RDC. Elles pourraient nous épauler avec  certains  équipements scientifiques modernes que nous ne disposons pas sur place.

Le Papyrus: Votre mot de la fin

Prof. Valentin Kanda Nkula: L’étude des ressources naturelles devrait se faire de manière complète, en d’autres termes elle ne doit pas s’arrêter   au  niveau d’un simple inventaire. A titre d’exemple pour les ressources minérales,  on devrait  aller jusqu’à la certification des réserves. Cette  certification  implique l’élaboration des programmes cohérents qui doivent être financés. Aussi, l’Etat congolais devrait donner plus de moyens au Ministère de la Recherche Scientifique et Technologie pour un tel travail, avant de penser à l’appui des partenaires extérieurs.

 

Propos recueillis par Jean-René Bompolonga  

 

 

 

 

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