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Les Etats généraux de l’agriculture sont mal partis

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L’ouverture officielle des Etats généraux de l’agriculture a bel et bien eu lieu le lundi 27 septembre 2021 à Kinshasa. En lieu et place du chef de l’Etat empêché, le Premier ministre Sama Lukonde a  lancé les travaux en annonçant la création imminente d’une banque nationale de développement pour financer et faire de l’agriculture la priorité des priorités en RDC.

Il a en outre appelé les cadres du pays à se préparer pour se construire, dans les tout prochains jours, un toit et un champ au village. Il n’a pas manqué de mettre l’accent sur la revanche du sol sur le sous-sol, concept fondé sur le primat de l’agriculture sur tous les autres secteurs de l’économie, spécialement sur le secteur minier. Primat qui repose sur la conviction qu’aucun développement durable d’une nation  n’est possible que s’il repose sur ce secteur primaire de l’économie, qu’est l’agriculture, cinquième pilier du programme d’actions du Gouvernement de l’Union sacrée de la nation, programme coulé dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Créer une banque nationale pour financer l’agriculture n’est pas une nouveauté en RDC. Le régime du Maréchal Mobutu avait créé une Banque de crédit agricole (BCA) en son temps qui a fait faillite. Dieu seul sait si les paysans ont bénéficié quelque chose de cette banque. Quelques privilégiés du régime avaient bénéficié des crédits de cette banque et on ne sait pas s’ils ont eu à les rembourser. Avec les conditions de crédit qu’imposent les banques l’on se demande si les paysans congolais bénéficieront de quelque chose de cette banque que le premier ministre a annoncée.

Ce n’est pas sur ce terrain-là que l’on attendait le Gouvernement. Il était vraiment attendu sur son implication par rapport à la Déclaration de Maputo où les Etats africains se sont engagés à allouer un minimum de 10% du budget national à l’agriculture pour atteindre une croissance de 6% de l’économie agricole. La RDC n’a jamais honoré son engament à la Déclaration de Maputo, adoptée en juillet 2003. 18 ans après, la RDC est toujours dans le slogan « Agriculture, priorité des priorités ».

Le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a déjà déposé, depuis le mercredi 15 septembre 2021, au Bureau de l’Assemblée nationale, le Projet de Budget 2022. Il n’a pas dit un mot sur la part allouée à l’agriculture dans ce budget. Il devrait le dire pour permettre à l’opinion de cerner l’implication du Gouvernement dans ce secteur.

Le premier ministre a poursuivi son discours sur du déjà entendu en changeant seulement quelques expressions : La tenue de ce forum national sur les états généraux de l’agriculture est un moment important dans l’agenda du Gouvernement. Comme vous le savez, la diversification de notre économie et la création des conditions d’une croissance exclusive constituent le cinquième pilier du programme d’action du Gouvernement, programme coulé dans la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi. Cette diversification repose d’abord et essentiellement sur l’agriculture, qu’elle soit vivrière, industrielle et présente ainsi que sur la pêche et l’élevage. Aucune croissance économique, aucun progrès social, bref aucun développement durable d’une Nation  n’est possible s’il ne repose sur ce secteur primaire de l’économie. C’est fort de cette conviction qu’il a plu au Président de la République, Chef de l’État, de décréter un mot d’ordre important dans notre pays. A charge pour le Gouvernement de le traduire en actions concrètes à savoir, la revanche du sol sur le sous-sol. Il s’agit en réalité, du primat de l’agriculture sur tous les autres secteurs de l’économie. Mon Gouvernement a clairement pris l’option de ne plus reposer tous les espoirs du développement national uniquement sur le secteur des Mines. Désormais, aux côtés, notamment du Tourisme, de la Transition écologique, l’Agriculture redeviendra et réellement dans ce pays, la priorité des priorités ».

Rappelons que les Etats généraux ont comme thème principal : « L’agriculture, clé de la croissance économique durable et de la réduction de la pauvreté en République démocratique du Congo ». Ils visent à rendre vivante l’option levée par le Gouvernement, d’initier la revanche du sol sur le sous-sol par la relance du secteur agricole pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de ses populations. Ce, en établissant les états des lieux du secteur agricole et en pensant aux actions à mener pour relever les défis identifiés par le Gouvernement dans ce secteur.

Du 27 au 29 septembre 2021, les 5 thématiques du forum devront faire un diagnostic sur les forces, les faiblesses et les perspectives. Les participants devront identifier et analyser les différentes contraintes qui bloquent la production, la transformation, la certification biologique et équitable, la recherche agronomique et la commercialisation des produits agricoles afin d’en formuler les recommandations idoines et/ou des pistes de solution pragmatiques. Le forum devra aussi assurer l’exposition et la promotion des produits locaux bio de qualité pour stimuler la population à consommer les produits agricoles locaux « made in DRC ». Il devra de même encourager les producteurs et les transformateurs locaux à contribuer à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois ainsi qu’à l’amélioration du cadre de vie décent de la population en termes de sécurité alimentaire, de l’accès aux services sociaux de base tels que l’eau potable, l’éducation, l’énergie, l’habitat décent, etc.

JRB

La photo à la Une est de la Primature

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