dim. Août 14th, 2022

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Le Professeur Smon Dibaluka : « Je suis arrivé à cultiver le champignon de façon permanente »

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Le Papyrus a interviewé par Internet le Professeur Simon Dibaluka Mpulusu sur la culture permanente du champignon. Voici ses réponses à nos préoccupations

 

Le Papyrus (LP) : Professeur, vous avez mené des recherches sur la culture des champignons. Etes-vous arrivé au stade d’une culture permanente de champignons ?

Professeur Simon Dibaluka (PSD) : Oui, je suis arrivé à le faire, c’est-à-dire à cultiver les champignons de façon permanente, car après isolement des souches fongiques dans la nature, moi et mon équipe produisons les semences (mycéliums) de plusieurs espèces aussi bien locales qu’exotiques (comme les pleurotes). Ces semences nous servent à ensemencer (ou larder) divers déchets surtout d’origine agricole et agro-industrielle (comme la sciure de bois, le son de blé et de riz). Avec ces déchets ensemencés nous obtenons pendant toute l’année les sporophores, parties comestibles du champignon. Ces sporophores produits, nous permettent de redémarrer de nouvelles cultures, en isolant un morceau de ‘’chair’’ interne. Ainsi se trouve bouclé le cycle du champignon, de la spore à la spore.

L.P : Dans quelles parties du pays peut-on cultiver de façon permanente le champignon ?

PSD : Cette culture peut se faire partout, dans notre pays pourvu  qu’il y ait (à l’endroit où on a choisi de travailler) des déchets organiques disponibles en quantité suffisante et qu’on dispose de la semence du champignon (mycélium) pour ensemencer ces déchets. C’est à cette tâche que nous nous attelons en rendant disponible  la semence  pour les myciculteurs amateurs ou praticiens (ou professionnels).

Ces déchets sont de nature diverse, il y a notamment : paille de riz, rafles de maïs, pseudotroncs de bananier, parches (ou marques) de café, fanes d’arachides ou de haricots.

L.P : Est-il possible d’obtenir la quantité d’une production de champignons par hectare aujourd’hui ?

PSD : Les champignons n’ont pas besoin d’être cultivés sur de grandes étendues à cause du fait qu’ils n’ont pas besoin de terres arables, mais plutôt de la matière organique soit en décomposition (champignons saprotrophes poussant sur feuilles mortes ou bois mort, etc) soit sur des plantes vivantes (champignons symbiotiques : ectomycorhiziens). Nous travaillons plus sur les champignons saprotrophes, poussant de façon autonome sur la matière organique en décomposition. Ainsi, nous produisons ces champignons sur des déchets végétaux ou sur rondins ou billots de bois dans une enceinte appelée champignonnière (ou maison des champignons).

L.P : Avez-vous trouvé des personnes pour appliquer le résultat de votre recherche sur la culture permanente du champignon.

PSD : Oui. Ce sont des gens qui achètent les semences (blancs) d’espèces disponibles dans notre laboratoire et qui vont cultiver les champignons de façon individuelle, en famille, dans des ONG, dans les institutions d’enseignement supérieur. Parmi ces gens, il y a notamment des anciens étudiants que nous encadrons dans leurs recherches sur la culture des champignons et aussi des hommes (et femmes) d’affaire, surtout à l’intérieur du pays, notamment à LUOZI (Kongo Central), à l’UNIKIS (Kisangani/ Tshopo), à Goma (Nord-Kivu), à Lubumbashi (Haut-Katanga) et Katana (Katana-champignon : Sud-Kivu).

Propos recueillis pas JR Bompolonga

 

 

2 thoughts on “Le Professeur Smon Dibaluka : « Je suis arrivé à cultiver le champignon de façon permanente »

  1. La production des champignons comestibles figure en bonne place dans le programme de mise en valeur de ma micro-ferme. Comment peut-on s’approvisionner en semences et bénéficier de la formation et à quel prix?

    1. Eugène
      Salut
      Vous pouvez directement contacter le professeur Dibaluka par ce numéro 243 814526 981. Vous aurez alors les informations dont vous avez besoin

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