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L’Afrique a recensé 338 000 cas notifiés en 2002 du cancer contre environ 846 000 cas notifiés en 2020

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Ces vingt dernières années, le nombre de nouveaux cas de cancer a plus que doublé dans la Région africaine, passant de 338 000 cas notifiés en 2002 à environ 846 000 cas notifiés en 2020. Les cancers les plus récurrents sont le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus, le cancer de la prostate, le cancer de l’intestin, le cancer du côlon, le cancer du rectum et le cancer du foie. Les facteurs de risque associés au cancer comprennent le vieillissement et les antécédents familiaux, la consommation de tabac et d’alcool, une alimentation riche en sucre, en sel et en matières grasses, le manque d’exercice physique, le surpoids et l’exposition à certains produits chimiques, a déclaré Dre Matshidiso Moeti, Directrice de la région Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son message dans le cadre de la Journée mondiale contre le cancer, le 4 janvier 2021.

Rassurante, elle a souligné que l’édition de cette année marque l’aboutissement de la campagne de trois ans baptisée « Je suis et je vais », qui vise à dissiper la peur entourant le cancer, à mieux appréhender cette maladie et à modifier les comportements et les attitudes.

Elle a toutefois tenu à signaler que l’ingérence de l’industrie, par la promotion et la commercialisation de produits connus comme étant cancérigènes, est un défi de plus en plus préoccupant à relever. Quarante-quatre États Membres de la Région africaine ont ratifié la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, afin de réduire la consommation de tabac, et 20 États Membres ont ratifié le Protocole de l’OMS pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac.

Dans la plupart des pays africains, a dit Dre Matshidiso, les communautés peinent à accéder aux services de dépistage, de détection précoce, de diagnostic et de traitement du cancer. Par exemple, seulement 30 % des enfants africains atteints de cancer survivent à cette maladie, contre 80 % dans les pays a revenu élevé. En outre, les difficultés liées à l’accès aux soins du cancer sont exacerbées pendant des crises telles que la pandémie actuelle de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

De toutes les régions de l’OMS, la Région africaine est celle qui ploie sous la plus lourde charge de cancer du col de l’utérus. L’adoption en 2020 par l’Assemblée mondiale de la Santé de la Stratégie mondiale en vue d’accélérer l’élimination du cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique mondial revêt donc un intérêt majeur pour les pays africains. Dans le cadre de la première phase de mise en œuvre de cette stratégie, la Guinée, le Malawi, l’Ouganda, le Rwanda et la Zambie déploient à plus grande échelle leurs programmes de lutte contre le cancer du col de l’utérus.

Pour la directrice régionale de l’OMS, l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain doit être intensifiée afin de prévenir le cancer du col de l’utérus. À ce jour, 17 États Membres de la Région ont élargi la vaccination contre le papillomavirus humain à l’ensemble du pays. C’est le cas du Rwanda et du Zimbabwe qui ont atteint un taux de couverture vaccinale élevé à l’échelle nationale grâce à l’action déterminée des pouvoirs publics et des partenaires.

Les données sur le cancer en RDC ne sont pas vraiment disponibles. Cependant, les Annales africaines de Médecine, Revue de la faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa, a donné quelques chiffres dans une enquête menée en 2012 et intitulée « Prévalence du cancer en République Démocratique du Congo : données anatomopathologiques recueillies aux Cliniques Universitaires et à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa ». Selon cette enquête, au total, 4137 cas de cancers ont été répertoriés. L’âge moyen des patients était de 42,2 ans, plus jeune pour le sexe féminin, qui était également plus affecté. Dans ce dernier groupe, les cancers du col utérin (27,7%), du sein (13,7%), des organes lymphoïdes (10%), et de la peau (8,6%), étaient les plus fréquents. Parmi les sujets du sexe masculin : les cancers des organes lymphoïdes (15,9%), le Sarcome de Kaposi (14,5%), le cancer de la prostate (14%), le cancer du foie (12,6%), et enfin celui de la peau (11,7%), ont été les plus rapportés.

En conclusion, cette enquête, comme les données d’autres pays africains, a révélé que la prépondérance du sexe féminin et la survenue précoce des cancers dans ce groupe. Le cancer du col utérin et celui du sein sont les formes les plus fréquentes, tandis que le profil des cancers masculins retient les organes lymphoïdes et la prostate en tête de liste.

Pour les auteurs de cette enquête, la création et la tenue d’un registre national de cancer s’imposent comme un préalable à toute définition de stratégie adéquate de prévention du cancer dans notre pays.

Cette recommandation n’a pas encore trouvé un écho favorable auprès des autorités compétentes en RDC.

JRB

 

 

 

 

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