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La Clinique des Plantes de Kinshasa

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Contexte de création et réalisations

 Les maladies des plantes cultivées ainsi que les insectes ravageurs représentent une des principales contraintes de l’agriculture en RDC. Et à l’heure de la mondialisation et de l’intensification des échanges économiques, la RDC constitue le plaque tournante si pas le pays  qui se trouvera au centre des important échanges économiques.

Pour un secteur porteur et un secteur prioritaire qu’est l’agriculture, il est important de considérer  non seulement le diagnostic, l’identification correcte des  causes de maladies et dégradation de la production végétale, mais aussi l’analyse des risques d’introduction de nouveaux agents pathogènes de végétaux sur le territoire de la RDC.

Par souci d’appuyer efficacement le secteur agricole de la RDC, la Clinique des Plantes de Kinshasa (CPK) a été créée, le 1er juin 2009 sous impulsion conjointe de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université de Kinshasa et de la Faculté d’Ingénierie Biologique et Environnementale de l’Université catholique de Louvain.   Ce projet a reçu, pour l’exercice 2009-2011, ensuite prolongé 2011-2013, le financement de la Région Wallonne de Belgique, l’appui de la Wallonie Bruxelles International et le partenariat du Ministère de l’Agriculture.  Depuis 2009, la Clinique des Plantes de Kinshasa fonctionne sous la direction du Professeur Mukwa Fama Tongo, comme un pool d’expertise du Centre Agronomique Vétérinaire Tropical de Kinshasa. Elle s’est assignée pour mission :

  1. Développer une expertise locale et un service pour l’identification des maladies et ravageurs affectant les plantes cultivées en RD Congo et pour la formulation des conseils de protection dans une optique de protection et de gestion intégrée des cultures.
  2. Développer une capacité d’analyse phytosanitaire normalisée des semences et du matériel végétatif de plantation diffusé en RDC.
  3. Créer un noyau d’expertise pour la formation professionnelle dans le domaine phytosanitaire.
  4. Évoluer en laboratoire de référence pour des Cliniques des plantes satellites dans d’autres régions de la RD Congo.

 

Ses axes d’interventions incluent notamment : Diagnostic et identification des agents nuisibles et pathogènes causant les dégâts et maladies sur les plantes cultivées.  Ce travail de diagnostic a permis d’élaborer la liste des pathogènes (virus, bactéries, champignons, etc.) présents sur les plantes cultivées au Congo. Ces informations sont aussi utiles pour prévenir les attaques de ces pathogènes aux nouveaux champs ou nouvel investissement agricole.  Il est donc utile de garder à l’esprit que pour tout projet agricole, consulter et demandez conseil de la clinique des plantes afin d’être éclairé sur les risques de maladies qui peuvent peser sur votre culture. La Clinique des plantes donne des orientations techniques aux agriculteurs afin de maximiser la production agricole.

De 2009 à ce jour, au moins 2322 cas de maladies des plantes  ont été diagnostiqués sur une gamme très large de plantes cultivées (bananier, manioc, maïs, sorgho, riz, haricot, arachide, niébé, manguier, citronnier, oranger, les cultures ornementales, etc.) ; L’appui technique aux services étatiques ayant les maladies et ravageurs pour prérogatives. La CPK travaille en collaboration avec la Direction de production et protection des végétaux, les services nationaux d’intrants connexes (SENAFIC), le Service national de semences (SENASEM etc.) ; Contribution à la formation universitaires des futures ingénieurs agronomes: Depuis 10 ans, près 400 étudiants, mémorants, stagiaires ou en travaux pratiques ont utilisé le laboratoire de la CPK pour réaliser leurs travaux de recherche. Il s’agit d’une boucle de recherche partant des besoins de terrain. Par exemple lorsque la production de la tomate se dégrade, la CPK essaie d’identifier la cause. Au cas où aucun résultat de diagnostic n’est probant, elle fait remonter le besoin de recherche aux universités partenaires avec lesquelles la recherche se réalise, soit un étudiant est désigné pour réaliser cette recherche avec l’encadrement d’un professeur de l’université d’intérêt et un professeur de la CPK qui en détient la direction.

La recherche scientifique en pathologie végétale : La CPK travaille sur divers axes de recherche allant de l’étude de pathosystèmes bananiers- virus, pathosystèmes riz, manioc etc.  La CPK tend aussi à valoriser les plantes locales ayant une action biocide pouvant permettre de lutter contre les maladies des plantes cultivées. Ceci pour diminuer le risque de résidus de pesticides chimiques qui constituent une contrainte majeure pour la santé publique et la biodiversité agricole de la RDC.

La formation et accompagnement des agriculteurs : la CPK accompagne les agriculteurs à travers une stratégie de conseil et vulgarisation de certaines techniques de production et de bonnes pratiques phytosanitaires.  Parfois elle utilise des approches champs-écoles- paysans, afin d’apprendre aux agriculteurs comment gérer, de manière intégrée les maladies et ravageurs des plantes cultivées.

En dix années de fonctionnement, la CPK continue à éprouver des difficultés particulièrement d’ordre logistique. Le pays étant grand, les demandes d’intervention venant de partout, ne cessent d’augmenter. La nécessité d’augmenter les membres des équipes de recherche pour plus d’efficacité est réelle. Le besoin grandissant d’avoir plus d’espace pour la mise en place des autres services de laboratoire. Actuellement, la CPK est dirigée par le Professeur Lyna Mukwa.

Ici l’appel est lancé aux bailleurs de fond du groupe agriculture et sécurité alimentaire, à considérer l’expertise locale en matière de gestion des maladies et ravageurs, en termes d’analyse sur les plantes. La Clinique des Plantes de Kinshasa à l’image du Laboratoire vétérinaire de Kinshasa et de l’Institut National des sciences Biomédicale ( INRB), se veut un laboratoire de référence en termes d’analyse de tous types, sur les plantes cultivées, et les produits récoltés en RDC. Elle sollicite ainsi un regard attentionné de l’autorité gouvernementale actuelle.

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