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88% des étudiants de l’UPN ont déjà goutté à l’alcool

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Une étude initiée par l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) sur l’ampleur de la prise de l’alcool, du tabac et d’autres drogues montre que 88% des étudiants ont déjà goutté à l’alcool dont 45% continuent à en prendre; 44% des étudiants ont déjà goutté au chanvre dont 3% continuent à en prendre; 10% des étudiants ont déjà goutté aux autres drogues telles que Valium dont 0,5% continuent à prendre. L’étude montre aussi que les hommes consomment toutes ces drogues plus que les femmes et que la bière est le type d’alcool le plus consommé, soit plus de 60% des étudiants continuent à en prendre. Il y a plus des consommateurs occasionnels que des consommateurs réguliers, soit 6% des consommateurs réguliers pour l’alcool et 4% pour le tabac. L’étude montre que la quantité quotidienne moyenne consommée est de 4 bouteilles de bière et 3 tiges de cigarettes pour le tabac. Ces drogues sont plus consommées par curiosité et par simple plaisir.

Selon le journal de l’IRSS, 2012, vol.2, n°1, cette enquête a été réalisée chez les étudiants de l’Université pédagogique nationale (UPN) en vue d’apprécier l’ampleur de la prise d’alcool, de tabac et d’autres drogues.

L’objectif global était de déterminer l’ampleur de la prise d’alcool, de tabac et d’autres drogues chez les étudiants de cette université. Comme objectifs spécifiques, l’étude visait à déterminer le nombre de consommateurs et la quantité moyenne consommée pour chaque drogue et leur fréquence; à rechercher les causes de cette consommation et proposer des recommandations.

L’étude a été réalisée par Ilunga K., Mangwa H., Mutombo M., Fwamba K., Kwembe L., Munini S., Mugisho M., Babanzanga L., Kalonji M., Kimboko M., Kadima K., Lutete M., Mujinga M., Mimpolo M. et Lombelo L.

Dans l’hypothèse de leur étude, les chercheurs ont supposé qu’un nombre important d’étudiants de l’UPN consommaient l’alcool, le tabac et d’autres drogues. Ils ont choisi la méthode d’échantillonnage stratifiée où la population est constituée de tous les étudiants de l’UPN et la sous population des étudiants de différents départements. La taille de l’échantillon est de 400 étudiants. Pour la collecte des données, ils se sont servis d’un questionnaire leur permettant d’avoir des renseignements sur l’identification du consommateur, la prise de l’alcool, le tabac, le chanvre, et autres drogues, les raisons de cette prise et les suggestions sur la lutte contre cette prise.

L’étude qui portait sur 400 étudiants, n’a pu retenir que 393 parmi lesquels 273 hommes et 120 femmes. 7 fiches n’ayant pas été remplies.

Recommandations

Compte tenu des éléments de leur conclusion, les chercheurs ont recommandé au pouvoir public de donner à l’UPN les moyens de bien organiser les jeux de loisirs et instructifs; d’organiser les campagnes de sensibilisation, d’éducation de masse en montrant les méfaits de la consommation des drogues, en faisant participer à cette lutte les écoles, les confessions religieuses, les associations ou mouvements des jeunes, les partis politiques,…; de réglementer la vente de toutes ces drogues dans le sens de l’augmentation des taxes et de prix de vente; de réglementer la publicité sur l’alcool et le tabac.

Les chercheurs ont recommandé aux autorités académiques d’interdire la vente de toutes ces drogues sur le site universitaire; d’interdire la prise du tabac et chanvre dans les lieux publics: auditoire, salle de lecture; d’introduire dans les programmes des cours des séances d’éducation sanitaire et de lutte contre la prise de ces drogues.

Aux étudiants, les chercheurs ont recommandé de créer des associations, des clubs de lutte contre la prise de ces drogues. Ces clubs se chargeront aussi de conscientiser et de diffuser les résultats de la recherche et les conclusions montrant les méfaits de toutes ces drogues.

Justification

Les chercheurs justifient cette recherche par le fait que la prise des drogues en général, de l’alcool et de tabac en particulier, influe sur la façon dont fonctionnent normalement le corps et l’esprit humain. Elle peut conduire à une intoxication et à une dépendance.

Cette prise est devenue un problème mondial car certains Etats se sont investis pour produire, distribuer et commercialiser certaines de ces substances. Il existe 1.000.000.000 des fumeurs dans le monde dont le tiers est âgé de 15 ans et plus. Actuellement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le tabac tue au moins 3.000.000  des personnes par an et en tuera 10.000.000 d’ici 30 à 40 ans dont 70% viendront des pays en développement.

L’alcool cause près de 13.000 décès par an et les drogues illicites 160 à 200.000 décès dans le monde.

Toutes ces estimations sont les résultats des enquêtes menées dans les pays développés tels que les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Allemagne et certains Etats en développement dont la Chine, l’Argentine et le Brésil.

Ainsi, cette étude s’impose en Afrique et particulièrement en RDC où pousse à tout coin des rues, bars et boutiques et où l’on voit quotidiennement les chaînes de télévision et de radio inonder et diffuser les publicités sur l’alcool, le tabac et autres drogues.

Jean-René Bompolonga

 

 

 

 

 

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